samedi 8 novembre 2008

ALTERNANCE

A l'heure où Barack Obama vante le rêve américain, fais l'éloge de la démocratie, on peut lire dans une presse camerounaise (le messager du 3 novembre 2008): «Alternance: Paul Biya rendra t-il le pouvoir au Nord ?»...

Ce titre est tout simplement INSULTANT pour le peuple camerounais. Comment parler de la Présidence, de la Magistrature Suprême d'un pays comme si on parlait d'un objet que l'un avait emprunté et qu'il devait remettre à l'autre après en avoir usé?
En effet, il est difficile de croire qu'on parle d'un pays démocratique! Comment en 2008, dans un pays qui regorge autant d'intellectuels, peuvent-ils encore en être là?

Et supposons que Paul Biya veuille rendre le pouvoir au Nord... serait-ce chose aisée? Va-t-il remettre le bâton de commandement à un foulbé ou à un kirdi ? À un chrétien ou à un musulman ? À un natif de l’Adamaoua, du Nord ou de l’Extrême Nord ?
La seule chose qu'on peut comprendre de ce genre de débat, c'est que le Cameroun est vraiment en arrière sur l'histoire. Lorsqu'on parle d'axe nord-sud, serait-ce un échantillon représentatif cette nation? Ont-ils plus de capacité à gouverner que tout autre Camerounais?

Lorsque lors de son premier discours en tant que premier président noir des USA, Obama a mentionné « Nous n'avons jamais été simplement une collection d'individus ou d'états bleus ou d'états rouges, nous serons toujours les États Unis d'Amérique et nous le resterons », il montrait ainsi qu'une nation doit être unis, doit être plus que la somme des individus...
Cette phrase, chaque président africain, chaque africain doit la graver dans son esprit! Cessez avec votre tribalisme, cessez avec vos divisions qui ne font que vous enfoncer, apprenez à être fiers de votre histoire, fiers de vos différences. Plutôt que d'utiliser votre diversité comme une arme politique, utilisez la comme un atout, puisqu'en effet c'est est un!

Le Cameroun est un pays fort de dix provinces et d'une vingtaine de millions de citoyens. Qu'il soit du nord, du sud, de l'est ou de l'ouest, s'il est élu, alors tous les camerounais se doivent de le soutenir dans son action! Arrêtez avec des débats sectaires et tribaux qui n'ont plus de place. Regardez l'exemple des Etats Unis avec l'élection de Barack Obama et en tirez des leçons.
Quelque soit la région d'où viendra le futur président camerounais, quelque soit sa religion, quelque soit son parti politique, l'essentiel c'est qu'il ait un projet de société, et qu'il assure le bien être de tous les camerounais! Osez penser au rêve camerounais, osez l'inventer!

SAGE

LA MORT

Le vieil adage dit « le seul événement certain sur terre, c'est la mort »...
Il est intéressant de se pencher sur le rapport que les humains entretiennent avec la mort pour se rendre compte que ce n'est pas un sujet aussi facile qu'on peut le croire. Toutefois, que l'on se réfère aux mythologies ou aux religions, un constat en découle: tout le monde veut expliquer un phénomène, une réalité complexe, dans le but d'offrir un certain confort psychologique et voir psychique à l'Homme. Chaque courant de pensée peut lui donner une définition, peut y mettre un contenu, un sens, l'évidence est et demeure que tout ce qui va au delà du constat n'est qu' imagination.
Le biologiste et prix Nobel Jacques Monod énonce que la définition de la mort dépend de la définition du vivant dans son livre Le Hasard et la nécessité. Cette approche peut être mise en relation avec l'approche de la mort par les religions. En effet, la mort est la plupart du temps considérée comme un passage à une autre vie, meilleure ou pire en fonction de ce qu'on aura accomplie de son vivant sur terre, en fonction des actions qu'on aura posées. La mort est ainsi vu sous l'angle de son contenu, des possibilités qu'elle offre.
Seulement, la mort n'est pas un sujet auquel nous pensons volontiers. La plupart du temps, nous avons tendance à faire comme si cette réalité n'existait pas ou ne nous concernait pas. Dans la mesure du possible, la plupart d'entre nous évitons de penser à cette réalité. Même lorsque des événements de notre vie se chargent de nous la rappeler (la mort d'un être cher, un accident sérieux, une maladie grave ou une tragédie dans notre environnement) nous arrivons quelques fois à croire que c'était la faute à celui qui est mort. C'est souvent cette attitude qui nous a poussé à toujours chercher une cause à la mort (maladie, accident, drogue...) comme si, sans cette cause, la personne ne mourrait jamais. Oui, que doit-on faire pour ne pas mourir? La notion de vie après la vie, de la mort comme condition pour y parvenir, nous donne encore un « alibi » pour refuser cette réalité, ou alors pour mieux l'accepter. Dans certaines ethnies, la mort n'est jamais naturelle: c'est toujours un « méchant » qui en est à l'origine... cela au point d'être considéré comme facteur de retard de certaines sociétés, ou encore comme frein à l'initiative: les jaloux risquent de frapper!
Malheureusement (ou heureusement), pour tout être vivant, la mort est une réalité inéluctable: sa vie s'achèvera tôt ou tard par une mort définitive, quelque soit le pourquoi ou le comment. Cette réalité, cette seule certitude, que l'Homme l'accepte et l'assume ou alors refuse d'y faire face, que cela lui semble absurde ou même désespérant, il devra y être confronté!
Mais lorsque des accidents de parcours nous forcent à considérer notre mort comme une réalité importante, quand des situations de la vie viennent nous rappeler que nous pouvons mourir à tout moment, que notre vie pourrait être radicalement écourtée ou soudainement changée de façon drastique, pourquoi ne se produit-il pas une remise en question de notre façon de vivre? Pourquoi ne se produit-il pas une remise en question de notre rapport à l'autre?
J'aurais compris que l'on provoqua la mort autour de nous pour rallonger notre vie; mais puisque provoquer la mort n'a jamais donner l'éternité (au sens de vivre sans jamais mourir sur cette terre, sans jamais mourir scientifiquement), et que même les mythologies et religions ne prédisent pas une vie meilleure pour ceux qui posent des actes négatifs, pourquoi ne pas véritablement se remettre en question? Deviendrons nous un jour sensible à la souffrance, à la douleur, au chaos que nous créons par notre aveuglement? Par notre égoïsme? Par notre illusion de dominer la vie? Par notre illusion d'être des « Dieux »? Par notre illusion de supériorité? Par notre illusion de détenir la vérité?
J'aimerais un jour savoir quelle est la différence entre un riche mort et un pauvre mort? Quelle que soit son appartenance ethnique, sa race, ses croyances... Faites un tour dans une morgue, ou aux soins intensifs dans un hôpital...
J'aimerais qu'un jour, en dehors des prophètes et autres divinités, quelqu'un nous rapporte les mémoires d'un des siens mort et revenu lui conter ce qu'il a vu là-bas! Alors, ce jour là, je vous donnerai raison!
On pourrait trouver d'autres questions de ce genre, mais me direz vous, on peut toujours trouver des éléments pour expliquer notre bêtise. Certains évoqueront même le métal utilisé pour fabriquer le cercueil pour marquer la différence dans la mort, d'autres évoqueront les festivités qui ont marquées les funérailles... Ce qui ne serait que le reflet de nos nouvelles orientations: avoir le plus possible (matériels, argent, illusions...), même si on ne s'en sert pas alors que d'autres en ont besoin. Paradoxalement, si la conscience de la mort était une invitation à l'amour? À plus d'humanité? Si c'était une invitation à vivre ensemble et à ne plus s'accrocher à ces choses futiles (matérielles ou immatérielles)? Si la conscience de la mort était une invitation à un monde dans lequel on sait voir en l'autre un Homme?
C'est peut être un trop grand rêve vous me direz, mais ni nier la fin de notre influence, ni nier la perte de contrôle, ni nier la mort ne nous empêche d'être humain, ne nous empêche de voir en l'autre un Homme, ne nous empêche de relativiser sur notre existence, ne nous empêche d'offrir à l'autre un peu de bonheur, un peu de vie. La mort ne changera jamais, pas plus que la vie... seule devrait changer notre perception de l'Autre, de l'Homme.
SAGE

vendredi 7 novembre 2008

CE QU'IL FAUT AUX AFRICAINS

Il serait assez triste pour les Africains de ne pas se poser de question sur le devenir de l'Afrique; il serait assez décevant pour eux de ne pas regarder avec attention les métamorphoses qui se produisent dans le monde... Et la plus grosse honte (si le mot honte a encore un sens pour eux) serait de ne pas se rendre à l'évidence que l'union fait la force!
Et pourtant, tous les africains ont tendances à vanter leur propension à vivre en communauté... Mais de quelle communauté parlent-ils? Du cercle familial? Ou des accointances ethniques et tribales? Il est temps qu'ils ouvrent les yeux... il est temps qu'ils se réveillent.

Les européens sont fiers d'être européens, et se battent heure après heure pour préserver et améliorer leurs acquis..; Les américains sont fiers d'être américains et le clament haut et fort (il suffit d'ailleurs de voir le nombre de personnes qui jouent au loto dans l'espoir de GANGNER la nationalité américaine); les asiatiques s'imposent en douceur et prennent une place de plus en plus grande sur la table des décideurs... Et les africains? Le monde s'inquiète pour eux...

Des ressortissants européens ou américains sont en danger hors de leur continent? Et voilà que toute la machine diplomatique est en branle; des ressortissants africains sont en dangers quelque part? On prie pour eux! Ne sont-ils d'ailleurs pas en danger chez eux?
Ils ne sommes tellement pas fiers d'être africains qu'ils en sont toujours à demander à changer de nationalité; qu'ils en sont à risquer leur vie dans des embarcations de fortune pour atteindre les côtes occidentales... Ils ne sont tellement pas fiers d'être africains qu'ils rejettent tout partenariat avec leurs voisins, mais sont prêts à en sceller avec l'Occident... Ils ne sont tellement pas fiers d'être africains qu'ils boycottent les sommets de leur région, mais cherchent des invitations pour assister aux sommets des autres... Ils ne sont tellement pas fiers d'être africains qu'ils pensent d'abord à plaire aux occidentaux, plutôt que de chercher le biens de leurs peuples... L'affaire de l'arche de zoé en est une belle illustration.
Pensons nous que les français, allemands, italiens et autres n'étaient pas attachés à leur territoire? Pensons nous que chacun des états qui constituent les États Unis d'Amérique n'étaient pas attaché à leur terre? Mais ils ont su que l'union fait la force, ont dépassé les banales considérations de territoire et ont respecté les accords qu'ils ont passé entre eux!
Hier on parlais de français? Aujourd'hui on continuera de parler de français, mais lui, le français, se sentira plus que jamais européen... Il pourra aller travailler en Belgique, sans que le belge ne se sente annexé, envahi... Le belge l'accueillera comme un européen parce qu'il se sent lui aussi européen, et sais que tous, travaillent pour le devenir de l'Europe.
Et nous africains? Nous n'arrivons même pas à respecter de simples accords de circulations des personnes, parce qu'on a peur d'être envahi? parce qu'on a peur que l'autre ne prenne notre boulot? Et sous le désastreux prétexte que notre sous-sol regorgerait des richesses, on expulse les frères voisins de « notre » territoire... Et on condamnera les occidentaux d'expulser les ressortissants de nos pays? S'est-on un jour demandé pourquoi les ressortissants de nos pays étaient prêts à vivre les pires humiliations pour rester chez les autres?
Comment admettre qu'il y ait des pénuries de pétrole dans des pays producteurs? Comment admettre le la République Démocratique du Congo en soit à demander de l'aide internationale pour sa survie? Comment imaginer que nous en sommes encore à des guerres tribales pour la Présidence du pays? Comment imaginer que nous soyons encore à poser des actes meurtriers de xénophobie? Comment comprendre que l'Afrique ne soit pas le plus beau continent de la planète?
Comment vouloir être fiers lorsque, nous devons respecter des instructions fermes pour bénéficier de l'aide? Comme un enfant a qui on donne du chocolat parce qu'il a bien fait ce qu'on lui a ordonné de faire... Comment être fiers lorsqu'on se bat pour faire partir des pays pauvres très endettés?
Et dire que nous avons des terres fertiles, des sous-sols riches... Et dire que la nature nous a épargné des catastrophes qui sont fréquentes ailleurs... Et dire que nous avons des hommes et des femmes talentueux... Et dire qu'avec tout ça, les européens semblent plus préoccupés par notre développement que nous même...
Ce qu'il faut aux Africains, ce ne sont pas les aides et les plans que leurs dictent les organismes internationaux... ce qu'il leurs faut ce ne sont pas les grandes philosophies de l'autruche...
Ce qu'il nous faut par dessus tout c'est apprendre ce que c'est qu'être africain, admettre de l'être, et être fier de l'être. Ce qu'il nous faut c'est la conscience de l'Afrique.

SAGE

LES ILLUMINES DE DERNIERES MINUTES

Ils ont tous des traits plus ou moins semblables: septuagénaires, plusieurs mandats à la tête de la nation qu'ils dirigent de main de fer, plan de transition inexistant, animés par l'idée selon laquelle ils sont le seul avenir de leur nation.

Le plus surprenant c'est que c'est en général à la fin de leur mandat (constitutionnel avant modification) que ces acteurs de la vie politique trouvent qu'ils ont encore beaucoup à faire pour leur pays, et sont prêt à tout, TOUT pour rester au pouvoir, pour prolonger leur mandat et après replonger dans le même sommeil... jusqu'aux échéances suivantes!
Qu'est ce qui peut bien motiver ces Présidents? Ont-ils une conscience de leur nation? En quelles lettres veulent-ils écrire leurs noms dans l'histoire de leur pays? De leur continent? Du monde? Qu'est ce qui peut tant les aveugler au point de bafouer la constitution de leur pays, au risque de provoquer des émeutes d'une intensité souvent inouïe?
Le plus regrettable est que ces hommes ont eu tout le temps de mener à bien la destinée de leur nation. S'étant accaparés tous les pouvoirs, ils n'ont malheureusement aucun prétexte pour justifier leur bilan très souvent catastrophique pour les plus justes, mitigés pour les langues de bois. Le plus étonnant c'est que tous s'agrippent au pouvoir comme s'il avaient eu une « révélation de dernière minute », et sont persuadés que cette fois sera la « bonne ». Et comme pour s'en convaincre, ils promette de changer ce qu'ils ont instaurés, punir ce qu'ils ont laissés naître et permis, construire les infrastructures digne des films hollywoodiens en un claquement de doigts... bref, ils sont prêts à se critiquer, jouer les naïfs aveuglés par « ceux » à qui ils ont faits confiance, jouer à ceux qui ont désormais pris conscience et qui se mettront au boulot... Le plus dramatique, c'est qu'ils provoquent tous le même commentaire de la part de leurs administrés: « peut-être cette fois-ci il fera quelque chose, peut être qu'il va enfin laisser quelque chose à la postérité, mettre de l'ordre dans sa propre merde »! Mais jusque quand cela durera-t-il?
Comme le dit l'adage « tant qu'il y a la vie, il y a espoir »... Espérons simplement qu'un jour ils se réveilleront, ne se prendront plus pour des illuminés mais pour des hommes qui sont à la tête de leur nation pour y mener un projet de société, qu'ils se prendront pour des hommes comme tant d'autres (mortels et remplaçables) qui ont des comptes à rendre à leur peuple et qui peuvent choisir d'écrire leurs noms en lettres dorées dans l'histoire de leur pays, de leur continent, du monde.

SAGE

OU EST L'AFRIQUE?

Et L'Afrique dans tout ça?

A l'heure où tous les journaux du monde, où toutes les populations de la terre sont saluent l'accession de Barack Obama à la tête de la plus grande puissance du monde, à l'heure où l'Amérique écrit une des plus belle page de son histoire, que fait l'Afrique?

Avons nous un jour rêvé d'écrire ne serait ce qu'un mot dans l'histoire de l'humanité? Ou alors avons nous définitivement choisi de se faire assister et de laisser le soin aux autres d'écrire notre histoire, telles des manchots?

Au plus fort de la crise financière qui a commencé aux USA et s'est ensuite propagé en Europe et dans tout l'Occident, les chefs d'états de ces nations sont passés aux commandes, injectant de l'argent par ci, nationalisant par là, convoquant des réunions par ci, prenant des résolutions par là... On a senti (et on le ressent encore), de l'angoisse, de l'inquiétude, la peur chez ces dirigeants: peur de voir s'effondrer leur économie et de ne pouvoir répondre aux questions de leurs concitoyens, peur de voir leur peuple s'engouffrer dans une impasse, peur de la catastrophe... Tous ces dirigeants ont pris des décisions pour la survie de leurs économies, de leur système bancaire, allant jusqu'à renier les grands paradigmes du système capitaliste-libéral... La survie de leur pays, le bien être de leurs populations justifiaient toutes leurs actions.
Le plus remarquable était le président français, qui à cause de l'ampleur de la situation à juste fait un bref « détour » au Québec au sommet de la francophonie!
Pendant ce temps, que faisaient les dirigeants africains? Certains ont trouvé le moyen de rester hors de leur pays pendant plus d'une semaine, soit parce qu'ils étaient au sommet de la francophonie, soit parce qu'ils étaient en villégiature quelque part sur la planète... Il faut l'avouer, ils ne se sentaient pas concernés, comme d'habitude! Les autres réfléchissant comme toujours aux solutions; un bref copier-coller fera l'affaire!
Mais face à ce qui s'est passé, quand en tirerons-nous les leçons?

Les États occidentaux ont injecté de l'argent dans leurs économie, nationalisé nombreuses entreprises avec la bénédiction du FMI et de la Banque Mondiale, pendant qu'à l'opposé, les pays d'Afrique se voient imposer les privatisations dans des conditions aussi rocambolesques que dans des films hollywoodiens.... Nos dirigeants n'ont pas cru devoir remettre en question cette politique flagrante du deux poids - deux mesures! Comme par malchance, leur seule inquiétude était de voir l'Aide Publique au Développement diminuer...
Une situation identique se produit dans le domaine des subventions à l'agriculture, des subventions aux entreprises exportatrices, dans le domaine des médicaments génériques (on se souvient encore de la polémique autour des médicaments génériques du SIDA en Afrique du Sud) pour ne citer que ceux là. A chaque fois, l'occident a su prendre les mesures qui aideraient ses populations, et les dirigeants africains de leur côté, ont su tenir des grands discours philosophiques sur l'injustice
Ceci ce n'est pas pour fustiger les occidentaux, car qu'on le veule ou non, ils font peut-être ce qu'ils pensent être bon pour nous... Et puis, si nous avons réclamé l'égalité des nations, l'avantage reviendra toujours à celle qui saura au mieux défendre ses intérêts. Cela nous amène à penser à juste titre que l'Europe (ou les occidentaux) ne détruisent pas l'Afrique, ils défendent simplement bien leurs intérêts et jouent eux aussi pour leur survie.

Quoi qu'il en soit, les différentes crises que traverse le monde ont le mérite de nous confirmer que nos dirigeants ne sont là que pour le prestige, que pour leur intérêts personnels, et que le devenir de l'Afrique ne sera jamais leur priorité. Ces différentes crises devraient nous faire comprendre que le destin de l'Afrique, le rêve Africain, c'est aux africains de le bâtir!

SAGE

jeudi 6 novembre 2008

L'AUDACE D'ESPERER

"Le changement est arrivé en Amérique."
"Il a fallu longtemps. Mais ce soir, grâce à ce que nous avons accompli aujourd'hui et pendant cette élection, en ce moment historique, le changement est arrivé en Amérique".
"Si jamais quelqu'un doute encore que l'Amérique est un endroit où tout est possible (...) la réponse lui est donnée ce soir".
C'est par ces mots que Barack Obama, 44ème président des USA, 1er président noir des USA, a commencé son discours, après son écrasante victoire à l'élection présidentielle du 4 Novembre 2008. Il a fallu longtemps, mais à force d'espérer, de croire au rêve américain, il y est arrivé!
La victoire d'Obama n'est pas seulement la victoire d'un homme, d'un parti, mais la réalisation du rêve de tout le peuple afro-américain. Qui ne se souvient du célèbre discours de Martin L. K. « I have a dream »? Cette histoire marque un tournant dans l'histoire du peuple américain, dans l'histoire des « noirs d'amérique »...
Mais au delà de ce tournant historique, quelles leçons pouvons nous en tirer?
La Puissance du message
« nous ne gagnerons pas contre les républicains, ni contre les blancs, mais avec les républicains et avec les blancs ». « Nous n'avons jamais été simplement une collection d'individus ou d'états bleus ou d'états rouges, nous serons toujours les États Unis d'Amérique et nous le resterons ».
Un nouveau message qui montre que les enjeux de ce siècle sont au delà des clivages raciaux, politiques, tribaux... C'est un message fort de la part d'un peuple qui a vécu l'esclavage, la ségrégation raciale dans ses formes les plus extrêmes, qui a caressé l'illusion de l'existence d'une race supérieure et d'une race inférieure, qui a nié la possibilité d'exister de l'autre simplement parce qu'il était différent. En effet, le choix d'Obama a montré que l'Amérique était prête à tourner une nouvelle page de son histoire. La construction de cette Amérique ne sera peut-être jamais parfaite, mais génération après génération, elle a montré qu'elle pouvait se parfaire, et le chemin est encore long. Le plus important, étant que la dynamique ait été amorcée. Comme quoi, un message d'unité peut porter plus haut que tous les messages partisans, que toutes les gué guerres inutiles, les discours clamant la différence, la supériorité ou que sais-je encore. Et durant sa campagne, cet illustre président ne s'est jamais laissé prendre au jeu malsain d'attaques personnelles.

Le Pouvoir Comme Un Outil
« Je sais que vous ne l'avez pas fait pour moi, je sais que vous l'avez fait parce que vous comprenez l'énormité des enjeux qui se posent à nous »
Dans son discours, il l'a bien mentionné: Ils viennent de se doter de l'outil qui leur permettra de mener à bien leur projet de société, leur programme politique. Ceci est une autre grande leçon: la Présidence (et donc le pouvoir) comme outil et non comme une fin en soit. En effet, le pouvoir prend tout son sens dans la capacité de celui qui le détient de mener le peuple vers un horizon meilleur, de permettre aux individus qu'il dirige, de réaliser leur rêve, ou du moins d'apporter une réponse efficace aux problèmes qui se posent à eux. Et même si c'est un homme qui a été élu, c'est parce qu'il laisse entrevoir dans ses choix et politiques futures, la réponses aux enjeux qui se posent à sa société. Ainsi, ce n'est pas un homme qu'on élit, mais un programme politique, un projet de société, un rêve qu'on caresse.

L'héritage de l'histoire
Comme l’a écrit William Faulkner : « Le passé n’est pas mort et enterré. En fait il n’est même pas passé. »
Pour la communauté afro-américaine comme pour la communauté africaine, cela veut dire accepter le fardeau de notre passé sans en devenir les victimes, cela veut dire continuer d’exiger une vraie justice dans tous les aspects de la vie quotidienne. Mais cela veut aussi dire associer nos propres revendications aux aspirations de tous les africains, qu’il s’agisse de ceux vivant sur le même territoire, ou qu'il s'agisse de ceux vivant sur divers territoires.
Cela veut dire aussi assumer pleinement nos responsabilités dans la vie, en apprenant à nos enfants que même s'ils sont en butte aux difficultés et à la discrimination, ils ne doivent jamais succomber au désespoir et au cynisme : ils doivent toujours croire qu’ils peuvent être maîtres de leur destinée.
En effet, l'accession au pouvoir devrait être l'occasion pour chaque Président, représentant du peuple et porteur d'un projet de société de se poser cette question: « si nos enfants pouvaient voir l'avènement du nouveau siècle, quelles évolutions verraient-ils? Quels progrès aurons nous apportés? »
Et considérer qu'être là où ils sont est une chance pour eux, leur occasion de répondre à cette question! Car nous sommes aujourd'hui là où nous sommes parce que nos ancêtres ont posé des actes audacieux et porteurs d'espoir, parce qu'ils ont imaginé un avenir meilleur pour nous, quelquefois au lourd prix de leur vie. Nous nous devons d'en faire autant pour les générations future, par devoir, par reconnaissance.
La fin d'un paradigme
Les crises que traverse le monde actuellement (politiques, financières, alimentaires, identitaires...) eurent imposé qu'à la tête de la nation la plus puissante du monde, un homme « blanc » apporta les solutions. Mais, au grand damne de tous, c'est une homme noir qui a été élu, de façon brillante. Ainsi, le paradigme qui veut qu'on attende tout des « blancs » devrait et doit être dépassé. Chaque homme porte en lui les germes de la réussite, et la prospérité d'un peuple ne dépendra jamais que de la foi de ses membres en leurs potentiels, à l'audace de compter sur soi, à l'audace de ne plus reproduire les recettes qui ont échouées!
La victoire de Barack Obama ouvre une nouvelle ère, et démontre que le changement peut être opéré. Pour nous aussi africain, c'est une leçon, c'est un exemple! Nous devons arrêter de nous entre tuer pour quelques biens matériels (que nous n'emporterons pas à notre mort) ou pour l'illusion de posséder un quelconque pouvoir (le pouvoir pour le pouvoir), nous devons arrêter de nous conforter dans l'idée que l'autre ne peut mener à bien un véritable projet de société. Si les « blancs » d'Amérique autrefois esclavagiste ont passer le flambeau à ce « noir » fils d'immigré, pourquoi nos parents présidents, ne le pourraient pas? Pourquoi ne pourraient-ils pas passer le flambeau à leur fils?
La victoire d'Obama est une leçon, à nous de savoir en tirer profit. Il vient de nous apprendre qu'au dessus de tout, il faut avoir l'audace d'espérer.

SAGE